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 ESPACE PRIVÉ

Echelle nationale

La gestion des Espèces Exotiques Envahissantes en France repose sur un cadre réglementaire et stratégique structuré, développé en cohérence avec les engagements internationaux et européens. L’objectif est de prévenir l’introduction de nouvelles espèces, limiter leur propagation et réduire leurs impacts sur la biodiversité, les activités humaines et la santé.

La réglementation française relative aux espèces exotiques envahissantes s’appuie principalement sur le Code de l’Environnement, renforcé par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages.

Cette réglementation prévoit notamment :

  • L’interdiction d’introduire certaines espèces dans le milieu naturel ;
  • L’interdiction de détenir, transporter, vendre, échanger ou utiliser certaines espèces considérées comme particulièrement préoccupantes ;
  • La mise en place d’actions de prévention, de surveillance et de gestion.


La réglementation française s’applique aussi bien aux milieux terrestres, dulçaquicoles que marins.

La stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes

Afin de structurer l’action publique, la France a adopté en 2017 une Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes.

Cette stratégie constitue le cadre national de référence pour coordonner les actions menées sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin.

Elle repose sur cinq grands axes :

  1. La prévention de l’introduction et de la propagation des espèces
  2. La gestion des espèces et la restauration des écosystèmes
  3. L’amélioration et le partage des connaissances
  4. La communication, la sensibilisation et la formation
  5. La gouvernance et la coordination des acteurs


Cette stratégie marque une étape importante dans la reconnaissance des invasions biologiques comme un enjeu national majeur

Le plan d’action national 2022-2030

En 2022, la France a renforcé son dispositif avec la mise en œuvre d’un Plan d’Action national sur la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Ce plan vise à approfondir les actions de prévention en ciblant notamment les voies d’introduction des espèces, les activités humaines favorisant leur dispersion et la mobilisation des différents acteurs concernés.

Le plan couvre l’ensemble du territoire national, y compris les territoires insulaires et ultramarins particulièrement vulnérables aux invasions biologiques.
Il prévoit notamment :

  • Un renforcement des contrôles
  • Une meilleure coordination entre les services de l’État et les acteurs locaux
  • Le développement des dispositifs de surveillance
  • Des actions de sensibilisation auprès du grand public et des professionnels

Un enjeu majeur également pour les milieux marins

Les milieux marins français sont particulièrement concernés par l’introduction d’espèces non indigènes, notamment en raison du transport maritime, des échanges commerciaux, du tourisme et des activités nautiques mais encore, du changement climatique.

Les travaux scientifiques récents montrent une augmentation des introductions en Méditerranée et soulignent l’importance des systèmes de surveillance, de détection précoce et de coordination territoriale.

Dans ce contexte, les territoires littoraux et insulaires, comme la Corse, occupent une place stratégique dans la mise en œuvre des politiques nationales.

En effet, la politique française de lutte contre ces espèces Alien repose sur une gouvernance fondée sur la coopération de multi-acteurs associant l’État, l’Office Français de la Biodiversité, les collectivités, les établissements scientifiques, les gestionnaires d’espaces naturels, les associations et les réseaux de surveillance. Cette organisation favorise particulièrement le partage de connaissance, la coordination des actions et la réactivité face aux nouvelles introductions.

Comme les stratégies à l’échelle régionale, la stratégie nationale est fondée sur l’anticipation : il faut agir le plus tôt possible.
La prévention et la détection précoce sont aujourd’hui considérées comme les moyens les plus efficaces pour limiter les impacts écologiques, économiques et sanitaires liés aux invasions biologiques.